Expatriation : 10 raisons d’aimer partir mais de toujours revenir

Il y a quelques temps, j’ai lu qu’en 2016, un français sur deux se disait prêt à partir travailler à l’étranger ! C’est fou non ? Est-ce par envie ou besoin de découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles façons de vivre, de travailler, de communiquer ? Ou est-ce parce que, désabusés d’enchaîner (ou pas ?), les contrats courts dans leur pays, ils finissent par regarder l’étranger comme un eldorado ? Et alors, pourquoi diantre, lorsque l’occasion se présente, certains candidats à l’expatriation choisissent finalement de rester ?

#1 : S’expatrier, c’est dire stop à ce qu’on exècre dans notre vie… Et pourtant !

L’expatriation, c’est le rêve de toute une vie. Elle promet aux heureux élus, quelques années voire une vie de bonheur absolu, loin de toutes les contraintes quotidiennes qu’on connaît tous. Enfin, là on parle de l’expatriation vu par ceux qui ne sont jamais partis et qui ne partiront sans doute jamais !

Oui, ce n’est pas vraiment pareil lorsqu’on se retrouve face au mur, à devoir faire le grand saut…ou pas ! D’un seul coup, la traditionnelle image de l’expatrié au milieu d’un paysage féérique, heureux, entouré par sa famille et de ses nouveaux amis se fissure. On se rend compte que la vie ailleurs reste une vie comme les autres, avec ses joies, ses peines, ses incertitudes; ses péripéties, ses aléas et ses contraintes.

#2 : S’expatrier, c’est avoir la chance de vivre son rêve… Et pourtant !

Souvent attendue depuis plusieurs années, idéalisée, rêvée à voix haute ou, au contraire, au plus profond de soi, l’expatriation se doit d’être l’expérience d’une vie. Elle doit être quelque chose d’intense, de grisant, d’extraordinaire. Et surtout, le futur expatrié devra se souvenir toute sa vie de chaque minute qu’il aura vécu !

Sauf qu’à force d’exigences disproportionnées, il est difficile d’admettre que cette expérience quoique marquante, ne sera pas nécessairement la meilleure de sa vie. En effet, parfois la période d’adaptation peut prendre plus de temps que prévu. Certaines choses qui n’avaient pas été envisagées avant, ou qui semblaient n’être que des détails prennent en fait plus de place que prévu dans votre nouvelle vie.

#3 : S’expatrier est un défi que peu de monde relève. Vous devenez cool… Et pourtant !

Il faut l’avouer, être cool, ça vous plaît. D’ailleurs, vous avez fait bavé vos amis d’envie avant votre départ. Vous leur avez montré vos plus belles photos de votre futur appartement, des paysages que vous verrez tous les jours, des gens que vous avez commencé à rencontrer en allant repérer les lieux…

Sauf qu’entre un repérage touristique et la vie sur place, parfois la marche est plus haute que prévue, et la chute est rude. Comment envisager alors s’entendre dire par sa famille « tu vois, je te l’avais dit »? Comment assumer un retour anticipé et faire face aux amis que vous avez nargué quelques mois auparavant (sans vous en rendre compte bien sûr) ?

L’orgueil est un des sept péchés capitaux (et surtout un vilain défaut), on ne vous l’avait pas dit ? Jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour rester cette personne cool dans les yeux de vos proches, pour leur prouver que vous êtes autonomes, que vous pouvez réussir cette expérience ?

#4 : S’expatrier, c’est vivre des expériences riches et valorisantes… Et alors ?

S’expatrier, c’est accepter être une anomalie ailleurs. C’est accepter de sortir de sa zone de confort, de perdre ses repères, et faire l’effort continuellement de s’adapter à un nouvel environnement, à une nouvelle culture.

Alors l’expatriation peut rapidement devenir éreintante et stressante. Les enjeux sont grands, et réaliser d’un seul coup que (presque) tout est si difficile quand on est loin de chez soi ne rend pas les choses plus simples !

#5 : S’expatrier, c’est mettre en pause tous les problèmes de notre société… et pourtant !

Au risque de décevoir certains d’entre vous, l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs. Et oui, tout n’ira pas mieux parce que vous êtes loin !

Mais cela vous permettra peut être de réaliser que le système de santé si coûteux que vous connaissiez n’est finalement pas une si mauvaise chose, ou que le si tristement réputé RER D parisien est finalement bien pratique !

Attention alors à ne pas passer du c’est mieux là bas à c’était mieux en France ! Aucune société n’est parfaite. A vous de prendre le meilleur et d’accepter le reste.

#6 : L’expatriation permet d’aller à la rencontre de soi-même…Sauf que !

Quitter son pays, sa famille et ses amis permet de se retrouver seul face à soi même. J’aurais pu me limiter à « permet de se retrouver »… Mais le mot clé de cette phrase était bel et bien seul.

Un nouvel expatrié passe rapidement de « je recommence à zéro », « je peux enfin me réaliser/vivre ma vie » à un sentiment de solitude voire d’isolement. Est-ce d’ailleurs à cause de ce sentiment que se crééent, un peu partout dans le monde, des communautés francophones/européennes /asiatiques etc ?

#7 : S’expatrier, c’est croire en son couple… Quoique parfois !

Rien n’est moins sûr que cette affirmation :

  • – Soit votre femme renoncera à son travail et à sa carrière pour vous suivre. Tandis que vous ne compterez pas vos heures de travail, votre femme devra, elle, faire face presque seule à ces changements. Votre couple survit à cela ? Votre femme est une héroïne !
  • – Soit vous avez rencontré votre moitié sur place et il peut être difficile de se projeter dans un futur lointain à cause de votre éventuel départ prochain ! Votre copine accepte la situation ? Gardez-là !

Non vraiment, un couple qui survit à l’expatriation est prêt à tout affronter dans la vie ! Ce n’est pas la généralité, loin de là, mais quand cela arrive, c’est beau !

#8 : S’expatrier, c’est ne pas être présents pour les crêpages de chignons totalement futiles de votre famille.

Cela peut même être un soulagement dans certains cas… Sauf que cela implique ne pas être là non plus pour les moments clés !

Comment rater un mariage ou une naissance, sans s’auto-culpabiliser, quand ce n’est pas la famille qui s’en charge ? Et pire encore, comment surmonter à distance, un décès suite à une longue maladie (trop courte toutefois, pour que vous n’ayez eu le temps de revenir faire vos adieux) ?

#9 : S’expatrier c’est revenir de temps en temps dans son ancien pays et s’y sentir touriste… Et pourtant !

Et pourtant, un jour vous rentrerez, et ce retour risque d’être difficile. Outre une possible dégradation de votre niveau de vie, et les problèmes administratifs franco-français, vous vous rendrez compte que la vie ici a continué… sans vous.

Même si vous comptez certainement beaucoup pour votre famille, vos oncles et tantes les plus éloignés ne penseront pas systématiquement à vous inviter pour votre anniversaire, ou celui de vos enfants (qu’ils ne connaitront qu’en photo). Vos anciens amis et vous ne serez plus forcément sur la même longueur d’onde. En effet, vos préoccupations seront différentes, vos centre d’intérêt également. La faute à personne, comme dirait ma mère…C’est simplement l’action de la distance et du temps. Non ce n’est pas triste, c’est ce qu’on appelle la vie !

Bref, après six voyages au Québec, et il y en aura d’autres, on nous demande parfois si on n’aimerait pas s’y installer ! Mais non, nous nous sommes rendus compte que si on aime réellement partir, découvrir, faire des rencontres, on aime viscéralement rentrer ! Cet article, ce sont toutes les questions que nous nous sommes posés quatre fois pour être exacts. Et à ce jour, nous ne regrettons pas notre choix ! Mais pour compléter cette vue, je vous propose ces quelques articles de personnes qui elles ont fait le choix inverse. Trois histoires, trois motivations différentes, et pourtant bien des points communs. Entre excitation et désillusion, ils vous parlent de leur expatriation sans tabou :

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5 réponses à Expatriation : 10 raisons d’aimer partir mais de toujours revenir

  1. Coucou! Juste pour dire que le lien de Gaëlle ne marche pas! (et que je partage sur Twitter :))

    • Plume dit :

      Merci pour le partage, je corrigerai le lien de Gaelle ce week-end, je n’ai pas d’ordinateur avant…c’est dommage parce que son article était super!

  2. Gaelle dit :

    Merci pour la mention ! 🙂

  3. Laurianne M. dit :

    C’est vrai qu’on se dit souvent que ça doit être génial l’expatriation… mais pour l’avoir fait même en changeant de région, ce n’est pas si génial que ça parfois ! En partant vivre en Auvergne, j’ai adoré les paysages, la nature, tout ça me manque beaucoup, cette évasion à portée de main, celle que je recherche tant dans mes voyages… mais j’étais seule, loin de mes repères, et j’ai fini malheureuse. Je suis rentrée, contente de partir pour retrouver mes proches et même si ça me manque encore, je sais qu’il ne suffit pas de vivre dans un paradis pour être heureux !

    • Plume dit :

      Coucou, j’ai moi même changé souvent de région, par choix, par soif de découverte…je me suis toujours facilement adaptée tant que j’étais étudiante. Devenue adulte, l’intégration est devenue plus difficile, je ne sais pas pourquoi. Mon dernier demenagement m’a emmenée à Metz…Au debut j’ai beaucoup pleure. Et enfin, après 8 ans passés ici, je me suis construite une vie, et rentrer chez moi serait compliqué quelque part.