Randonner en ayant ses règles

Parce qu’on ne randonne pas femme comme on randonne homme, il me semblait important de parler d’un sujet un peu dégueu tabou : randonner quand les anglais ont débarqué ! Messieurs, vous avez le droit de déserter, je ne vous en voudrai pas, promis.

Mesdames, je sais que ce n’est pas franchement marrant d’avoir ses règles quand on est en vacances, mais comme on peut difficilement l’éviter, autant s’en accommoder comme on peut.

Alors aujourd’hui, sur ce blog, on parle protections intimes !

J’ai longtemps été de la team serviettes hygiéniques.

Je l’avoue, j’ai longtemps fait partie de la team pâte à cul ! Ben oui, franchement, qu’est-ce qu’elles ont d’hygiéniques les serviettes ?

J’avais surtout l’impression chaque mois de me retrouver à l’âge de pierre, avec une couche mouillée entre les jambes, qui se barre au moindre de mes mouvements à droite ou à gauche et qui ne protège que partiellement mes vêtements. Si je ne me lavais pas toutes les 2 heures, j’avais du sang séché qui collait mes poils entre eux… Et j’étais obligée de me changer à chaque pipi parce que franchement, se rhabiller avec une protection sale c’est glauque !

Quant à en utiliser en randonnée, c’est encore pire ! S’il est possible de recouvrir la partie tâchée de sa culotte par une nouvelle serviette propre, en mode ni vu vu connu je t’embrouille ! Que faire de la vieille serviette ? pas d’autre solution que de l’enrouler dans son étui d’origine et de la mettre discrètement dans une poche de son sac… Vive l’odeur quand vous arriverez à la 1ère poubelle.

Puis j’ai intégré la team tampons !

Et j’ai recommencé à vivre ! Enfin avec un petit v quand même, il ne faut pas exagérer !

En fait, il se trouve que je suis bête et disciplinée : avant toute chose, j’ai commencé à lire la notice, j’y ai découvert le risque de syndrome du choc toxique, l’assèchement vaginal, d’augmentation de mycoses… J’étais jeune, internet n’en était qu’à ses balbutiement. Comme c’était écrit rare à très rare, j’ai adopté cette solution plusieurs années durant. Je suis retournée à la piscine, j’ai fait du sport avec plaisir, porté des pantalons moulants et des jupes blanches sans inquiétude !

Et alors? Tout était (presque) parfait jusqu’à ce qu’un jour mes règles me tombent dessus à Bornholm… Oups, environ 80km de vélo prévus au milieu de nulle part. Pas de toilettes avant plusieurs heures. Combien ? C’était difficile à évaluer, mais ce qui était sûr c’est qu’en position verticale, ça ne tiendrait jamais assez longtemps. J’ai donc dû me changer en pleine nature, mais que faire d’un tampon usagé au milieu de nulle part ?

Le remballer autant que possible et le mettre dans la sacoche du vélo…entre les duvets. Mon mari ne m’a plus regardé pareil depuis !

Puis, je me suis renseignée sur les solutions alternatives

A cette époque, j’ai appris que les tampons (et les serviettes d’ailleurs) contenaient des substances…disons moyennes pour la santé ! Et puis j’ai eu mon fils. Avec lui j’ai ouvert les yeux sur mon impact environnemental (et accessoirement le sien, avec toutes les couches qu’il consommait !). Alors j’ai commencé à réfléchir à des solutions alternatives qui pourraient me convenir en tout temps et quelque soit mes activités !

J’ai découvert les serviettes hygiéniques lavables, les serviettes bio et les tampons en coton non blanchi au chlore…qui posaient toujours autant question en randonnée ! J’ai même un moment été tentée par la pratique du free flow instinct – le flux instinctif libre pour les non-anglophones.

Comment vous ne connaissiez pas ? Il s’agit de vivre ses règles sans protection, ni tâches ! C’est un mouvement assez récent qui vient des États Unis. Partant du constat que le flux sanguin n’est pas continu, il en est déduit qu’il suffit de contracter son vagin au moment où l’on sent que ça coule, et d’expulser le sang en allant aux toilettes. Ça vous laisse sceptiques ? Moi aussi, mais je suis ouverte à tout alors j’ai essayé…

Une tâche, deux tâches, trois tâches, quatre tâches, cinq tâches. Attente du cycle suivant avec donc cinq slips tâchés, dont un irrécupérable ! Autant pour moi, je ne l’ai pas mis dans l’eau froide pour le détacher avant le lavage, la boulette quoi!

Finalement, je me suis rabattue sur la coupe menstruelle.

Pour celles qui ne connaissent pas

Une coupe menstruelle ou mooncup est un genre de tampon en silicone, réutilisable à souhait. Ça a la forme d’un entonnoir. On le glisse dans le vagin, il contient le sang. Une ou deux fois par jour, on le vide et on le rince avant de le réinsérer. Entre chaque cycle, on le fait bouillir et on le range dans sa pochette.

Dit comme ça c’est peut-être un peu déroutant, mais je vous rassure tout est dans la tête. Personnellement, mon principal blocage venait du fait que le sang ne remonte en faisant certains mouvements… Ce qui est en fait totalement idiot : cela fait plus de 20 ans que je n’ai pas fait de roue, d’équilibre ou de cochon pendu !

Passé cette barrière psychologique, dès mon premier essai, j’ai eu une illumination : le sang des règles n’est pas marron cracra, et ne pue pas ! Non non, c’est du sang bien rouge, tout ce qu’il y a de plus normal. Et bien on ne dirait pas comme ça, mais s’en rendre compte ça change la vie !

Pour celles qui seraient intéressées, je vous en dis plus

Il existe plusieurs marques de mooncup

Il y en a des rigides, des moins rigides, des compactes, certaines avec une tige pour faciliter le retrait, d’autres avec une boule etc. Elles se déclinent le plus souvent en deux tailles : une pour les femmes nullipares ou âgées de moins de 30 ans, l’autre pour les femmes ayant déjà accouché par voie basse ou ayant plus de 30 ans. Niveau budget il faut compter entre 15 et 35 euros pour plusieurs années.

Comme je vous l’ai dit, elles ont la forme d’une petite coupe (d’un graal), avec en haut un bourrelet pour faire ventouse avec les parois du vagin. Certaines ont des reliefs (inscriptions, petits trous pour les échanges d’air) auxquels il faudra faire particulièrement attention lors du nettoyage (rien d’insurmontable).

J’ai choisi la mienne sans trou, ni relief.

Pourquoi sans trou ? A l’époque j’allais souvent à la piscine, et je me suis aperçue qu’en sortant, mon tampon était imbibé d’eau chlorée. Alors ma hantise s’il y avait eu des trous aurait été que ma coupe se remplisse d’eau voire pire que du sang puisse sortir. Et il se trouve que j’ai envie de me baigner sans risquer d’attirer les requins !

Pour la mise en place, je l’avoue il faut être à l’aise avec son corps. Mais pas besoin d’avoir un master en origami : je la fais rentrer comme je peux de quelques centimètres et elle se déplie et met en place toute seule en faisant un espèce de slursh. Enfin un bruit de ventouse quoi !

Pour l’enlever, je passe un doigt autour pour faire rentrer de l’air et annuler l’effet ventouse, et je tire… Vous voyez, rien de ben compliqué non plus !

Aller, une petite vidéo pour décompresser.

Et en randonnée ?

Si je vous dit que c’est le pied, vous me croirez ?

Le gros avantage que je cherchais était d’éviter d’avoir à gérer ces déchets au milieu de nulle part. Avec la coupe menstruelle, et seulement sur des randonnées de plusieurs jours, il y a juste besoin de prendre avec soi un peu d’eau en rab. Et pour les randonnées à la journée, il n’y a besoin de…rien !

En plus de cela, il se trouve que la coupe menstruelle est plus agréable à l’effort que les tampons et serviettes, et qu’elle a une plus grande capacité de contenance. Elle prend aussi moins de place dans la valise qu’un paquet de protection.

Pour conclure : avoir ces règles en randonnée, ce n’est pas de chance, mais ce n’est pas insurmontable

Si au final, la coupe menstruelle ne rend pas les règles agréables, elle réussit toutefois à rendre cette période moins désagréable.

Après, si vous ne voulez plus être incommodées par cette période, et si vous vous refusez à prendre la pilule en continu, vous pouvez toujours tenter : tu sais chéri, il y a une autre solution pour que je n’ai plus mes règles ! A vous de voir, il y en a qui ont essayé…

 

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6 réponses à Randonner en ayant ses règles

  1. Merci pour ton retour d’expérience. Chouette article. Je vais peut-être m’y mettre enfin je ne sais pas, j’aime trop mes culottes Thinx spécialement conçue pour la période des règles.

    • Plume dit :

      Alors là, je ne connais pas? qu’est ce que c’est ? des culottes avec serviette intégrées ? ça ne prend pas trop de place pour aller discrètement se changer dans un endroit guindé ?

  2. lauriane garnier dit :

    j’adore le dernier système lol si seulement c’était possible ^^ super article mais j’ai lue a plusieurs endroits que si on ne supportait pas les tampons ce n’était pas la peine de tester est ce vrai? Et pour la nuit est ce éfficasse?

    • Plume dit :

      J’ai réussi 2 fois, et le résultat n’a aucune pitié pour les vacances, les grasses matinées et les lendemains de fêtes… et c’est tous les jours pas quelques jours par mois lol.
      Pour ma part, j’en avais vraiment marre des tampons. En fait, il m’asséchaient tellement, qu’au bout de 3 jours, je peinais à les mettre et à les retirer (ça ripait), j’étais obligée d’utiliser un applicateur. Au bout de 5 jours, j’avais l’impression de les sentir tout le temps. Avec la coupe, plus de sécheresse, je ne la sens pas, donc je peux dire que je supporte mieux que les tampons.
      MAIS, si ce que tu ne supporte pas c’est la vue du sang…Ben là, effectivement, ça peut poser problème.
      Sinon, oui, c’est efficace la nuit. De toute façon, en position allongée, le flux est quand même moindre, voire presque nul.

  3. Serena dit :

    Coucou,
    Pour ma part je ne me sens pas encore prête et pas assez à l’aise avec mon corps mais j’y pense tout doucement !
    Bisous à toi et bon week-end 🙂