La dernière journée pour les droits des femmes, c’est pour quand ? #EnsemblePourLe8Mars

Il y a quarante ans exactement, les Nations Unies officialisaient la journée pour le droit des femmes. Quarante ans, vous vous rendez compte ? Et encore, on ne compte pas le début du féminisme, celui où seules quelques voix s’élevaient dans la société pour réclamer le droit d’être reconnues en tant que citoyens ! Quarante ans et même davantage que nous réclamons en fait le droit d’exister en tant que nous !

Comment expliquer en quelques mots ce qu’est être une femme en France, aujourd’hui ?

C’est être préadolescente et avoir une grand-mère, une grand-tante, une grand-je-ne-sais-quoi qui demande à chaque rassemblement de famille « alors tu les as ? » ou pire, qui demande à ta mère juste devant toi, « alors, elle les a ? »

C’est ne pas porter de jupe courte avec un manteau long, sans quoi quelqu’un pourrait croire qu’on ne porte rien en dessous. C’est parfois craindre qu’un non puisse vouloir dire oui… Ou être obligée de se dire que le gars, dans le métro, qui appuie son centre de gravité en bas de votre dos doit être vraiment compressé par la foule !

C’est être célibataire, s’entendre demander à chaque réunion de famille « alors tu as quelqu’un ? » et subir les regards condescendants qui suivent. Puis deviner que la moitié de ces regards signifient « en même temps comment veux-tu qu’elle trouve quelqu’un avec… » (au choix sa tête, son cul, son look, son double menton, son caractère) et l’autre moitié « il faut absolument que je lui présente… ». Mais c’est aussi avoir rencontré quelqu’un et entendre à tout bout de champ « alors, le mariage c’est pour quand ? »

Être une femme, c’est attendre un bébé et s’entendre demander « et le 2ème c’est pour quand ? ». Ou c’est ne pas avoir de bébé et s’entendre répéter à chaque occasion (et ce n’est pas ce qui manque) « alors c’est pour quand ? » suivi du terrible « il ne faudrait pas traîner quand même, tu n’es plus toute jeune ! Après un certain âge, la baisse de fertilité, les malformations… ». Mais ça ne s’arrête pas là, être femme c’est avoir 3 bébés pour les allocs, et quand on arrive au 4ème, c’est se transformer en pondeuse !

Être une femme au travail, c’est être obligé d’en faire plus que ces homologues masculins pour progresser moins rapidement… sinon bien-sûr c’est qu’on a couché. A position hiérarchique égale c’est être payée moins. C’est aussi être obligée de rire à des blagues sexistes pour ne pas passer pour une mal-baisée. Et passer pour une mal-baisée malgré tout (parce que franchement les mecs, arrêtez de croire que c’est à se tordre de rire), s’en défendre en faisant des sous entendus vulgaires (et passer pour une salope).

C’est ne pas pouvoir être de mauvaise humeur sans qu’on nous demande si on a nos règles, ne pas pouvoir être triste sans passer pour une pleureuse, ne pas pouvoir grossir sans alimenter les ragots de « tu crois qu’elle est enceinte », ne pas pouvoir mincir sans que l’entourage s’interroge sur une éventuelle anorexie…C’est être trop musclée, pas assez vieille, trop jeune… Bref, jamais comme il faut.

EnsemblePourLe8mars journée pour le droit des femmes

La journée pour les droit des femmes, un combat… et quel combat !

Pour mon plus grand bonheur, grâce à ce courant féministe commencé il y a une centaine d’année, j’ai pu aller à l’école et choisir mes études, m’habiller comme je le souhaitais, voter, séduire et être séduite plusieurs fois, trouver un métier, choisir celui qui est devenu monsieur Plume, décider de combien j’aurai d’enfants et quand… En quelque sorte, je suis devenue un être humain à part entière et une citoyenne !

Enfin, ça c’était dans la théorie, parce qu’en fait même au XXIème siècle, aucun pays ne peut encore dire qu’il a atteint l’égalité des sexes. Alors oui aujourd’hui les femmes peuvent boire, péter, roter, baiser, fumer, travailler, voter… Mais était-ce la finalité ?

A trop vouloir être l’égale d’un homme j’ai parfois l’impression que la femme s’est oubliée, un peu perdue presque. Parfois je me dis qu’elle s’est abaissée au niveau de l’homme, alors que pour bien faire ça aurait dû être l’homme qui s’élève au niveau de la femme. Ouh la féministe !

Certes, sauf qu’aujourd’hui , une femme décède en moyenne tous les 3 jours sous les coups de son compagnon… Mais il existe des hommes battus !

Si les hommes boivent toujours plus d’alcool que les femmes, cet écart se réduit petit à petit. En effet, les femmes consomment plus souvent et en plus grandes quantités qu’autrefois.

Si les hommes fument toujours plus que les femmes (36% contre 28%), depuis les années 60, la proportion de fumeuses régulières a augmenté passant de 10% en 1960 à 28% aujourd’hui.

Pour aller plus loin dans le débat

A l’époque de mes parents et de mes grands parents, un seul salaire suffisait. Bien sûr un deuxième salaire (aussi minuscule qu’il était) était toujours bon à prendre. Aujourd’hui, la femme est obligée de travailler pour contribuer aux charges de son foyer. Alors je me pose la question, là encore, il est où le progrès ?

Les femmes qui le souhaitent devraient pouvoir choisir d’éduquer leurs enfants sans que cela ne soit un choix par défaut (faute d’argent ou de modes de garde), ni que cela soit mal vu dans la société... Parce que grâce à cette maman, un, deux ou trois enfants ne seront pas gardés en collectivité (donc pas de place en crèche à financer, pas d’aides pour le libre choix du mode de garde), ils seront moins malades (donc coûteront moins cher à la sécurité sociale) et s’ils sont malades en arrivant en maternelle, la consultation médicale ne coûte que 26€ au lieu de 28€, donc 2 euros de gagnés à chaque visite ! Ces enfants n’iront pas à la cantine (moins de subventions  verser aux écoles), et ne seront pas seuls avec la télévision le soir en rentrant de l’école… Peut-être même que davantage de maman choisiraient l’Instruction En Famille, ce qui permettrait d’alléger les salles de classe !

Les femmes qui le souhaitent devraient pouvoir commencer ou continuer leurs carrières sans que cela ne soit un choix par défaut (faute d’argent ou de modes de garde), ni que cela soit mal vu dans la société... Elles devraient alors être payée à poste égal autant que leurs homologues masculins, et avoir des évolutions de carrière similaires à effort égal.

Cette journée pour les droits des femmes doit perdurer, pour nous françaises, et pour toutes les autres

Aujourd’hui, je ne veux pas recevoir de roses dans un grand magasin, ni une coupe gratuite chez mon coiffeur, ni avoir un deuxième fer à repasser gratuit si j’en achète un (quoique à bien y réfléchir…). La journée pour le Droit des Femmes n’est pas la saint Valentin !

D’ailleurs, dans un monde idéal, une telle journée ne devrait même pas exister. Pas plus que la journée internationale des hommes, le 19 novembre, qui met en évidence certaines discriminations à leur encontre, notamment dans le domaine de la santé et de l’éducation.

Alors aujourd’hui, même si je suis contre le fait de me marginaliser en tant que femme, j’ai envie de dire, de crier, d’écrire, de montrer que je suis là, que j’existe… que côte à côte, ensemble, nous existons…

Aujourd’hui, en cette heure très avancée de la nuit, j’ai une pensée pour toutes ces femmes n’ont pas les mêmes droits que ceux que j’ai eu, pour ces millions de femmes qui seront mariées de force et/ou violées, pour ces millions d’adolescentes qui quitteront l’école trop précocement, pour ces milliers de fillettes qui seront excisées…

8 mars, Journée pour le droit des femmes

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