Voyager : d’un rêve à la réalité

Nous ne sommes pas tous des aventuriers nés. Et oui parfois on en rêve, mais du rêve à la réalité il y a quand même un pas à franchir ! Et encore plus avec des enfants. Vous trouverez sur plein d’autres blog des témoignages vous expliquant que voyager ce n’est pas une question de budget, que ce n’est pas une question de chance, que tout est possible même avec des enfants… Le leitmotiv bien souvent est qu’il faut oser ! Oui mais comment?

Apprendre à voyager

Lorsqu’on en est à oser, tout un cheminement personnel a déjà été fait : nous avons vaincu nos craintes, nous nous sommes occupés du budget, du planning, des réservations (ou pas selon le degré d’aventure qui nous anime). Alors oui, il ne reste plus qu’à oser, monter dans l’avion et voir…

Pour ma part le cheminement a été long, surement parce que j’étais un peu dilettante. Mais il m’a été nécessaire pour partir maintenant en toute quiétude, et en famille !

Mon parcours :

Ce jour où j’ai eu envie de découvrir le monde

Je ne suis pas fille de grands voyageurs. J’ai vécu 18 ans dans le même appartement, dans la même ville. Je n’ai jamais changé d’école. Je suis partie 18 ans en vacances au même endroit (dans la plus belle des stations balnéaires française, je vous en parlerai un de ces jours)… Année après année, ma sœur et moi retrouvions nos copines de vacances et nous pleurions quand sonnait l’heure de se séparer mi-aout. Année après année nous nous promettions de nous écrire sans jamais le faire…

Et puis j’ai eu 15 ans, 16 ans… Les copines de vacances aussi. Nous avions changé, plus les mêmes vies, plus les mêmes centres d’intérêts. Nous nous retrouvions pour ne pas être seules, mais les vacances avaient perdu de leur charme. Alors la station balnéaire m’a semblé d’un coup plus petite… et je me suis ouverte sur le monde. J’ai eu envie de tout découvrir, sans bien sûr pouvoir le faire.

J’ai donc commencé à parcourir le monde dans mes rêves. Un jour en Australie, le lendemain au Puy de Dôme, la semaine suivante en Italie, quelle importance ? j’avais soif de voyages et de découvertes. Quelques années plus tard j’ai commencé la liste de mes pays à voir avant de mourir… Et autant dire qu’au rythme où je vais, je serai au moins centenaire quand ça arrivera !

Apprendre à voyager

Et puis une rencontre

J’avais 21 ans, lui 25

Apprendre à voyager

C’était en 2006, j’habitais Grenoble, lui Chartres… Aucune raison de se rencontrer et pourtant nous nous sommes croisés, et plus quittés. Il était très différent de moi. Il était fils d’expatrié, et avait partagé son enfance entre la Côte d’Ivoire et la Charente… Autant dire qu’il savait ce que c’était que voyager, et même voyager avec des enfants !

et nous avons commencé à partir, de plus en plus loin, de plus en plus seuls

Nous sommes partis pour le nouvel an 3 jours à Amsterdam…Malheureusement, c’était bien trop court, mais ça a été  3 journées intenses.

Puis l’année suivante, nous sommes partis en voyage organisé en Laponie finlandaise. C’était là aussi un très beau séjour, toujours trop court… Mais qui peut dire que les vacances durent trop longtemps ? Par contre, ce qui nous a vraiment manqué c’était de ne pas être tous les deux, de ne pas être libre de notre emploi du temps…

Alors l’année suivante, nous sommes partis seuls, une semaine en Italie du nord. Nous avions travaillé sur un road-trip réfléchi par mon père, mais il ne devait le réaliser que l’année d’après. C’était là encore un très beau voyage mais nous avions trouvé que nous faisions de trop longs trajets, et finalement, si nous en avions pris plein les yeux, nous n’avions pas vraiment pu profiter de tout…

Enfin, l’année qui a suivi, nous avions réservé pour une croisière d’une semaine sur le Rhin… Avec un réveillon Sissi impératrice ! Mais cette croisière a été annulée 3 semaines avant le Nouvel an, impossible de se retourner. Le premier réveillon que monsieur Plume et moi allions passer en France (et seuls du coup) ! Et là une dispute idée qui en arrive à tu veux partir à l’étranger, très bien, on prend la voiture, on part au Danemark.

Finalement nous n’y sommes pas allés…Non pas que je refusais de sortir de ma zone de confort, mais une fois qu’on est allé dans un pays, il n’est plus prioritaire et on passe à un autre pays de la fameuse liste, plutôt qu’y revenir… Donc autant être sûr d’en avoir vu un maximum ! Alors, de cette idée lancée en l’air est né notre premier road-trip de 26 jours au Danemark… Les meilleures vacances de notre vie !

Apprendre à voyager

Et sont arrivés les enfants, enfin, un pour commencer et puis un autre!

L’Arpète, mon BABI

Ça faisait un moment qu’on en parlait…mais nous avions prévu de partir une semaine en motoneige en février 2012 avec mon père et ma belle mère… Difficile dans ces conditions ! Et remettre la semaine au Québec à l’année d’après était forcément impossible puisqu’on sait bien qu’avec un bébé on ne peut plus rien faire ! C’est ironique présentement, mais en 2012, c’était vraiment sincère !

Apprendre à voyagerMon petit Arpète s’est blotti dans mon ventre en février 2012 je l’ai appris le lendemain du jour où nous avons rendu les motoneiges ! Il est né 8 mois plus tard, BABI. Vous ne savez pas ce qu’est un BABI ? C’est un Bébé Aux Besoins Intenses. Pour mieux vous expliquer : vous voyez un enfant difficile dont vous avez l’impression, de l’extérieur, que ses parents sont des esclaves ? Ne jugez pas les parents trop vite, c’est si facile !

Un BABI c’est un bébé qui hurle à vous en faire saigner les oreilles, un bébé que vous gardez sur vos genoux en allant aux toilettes, un bébé qui vous fait vous doucher en 5 minutes chrono, cheveux et corps, une fois tous les 3 jours, un bébé qui ne dort jamais en journée, et fait ses nuits 20minutes par 20 minutes, mais que si on laisse pleurer dans son lit c’est encore pire, un bébé qui tète non stop… Bref un bébé très éveillé, présent dans son environnement et qui a besoin d’une base de sécurité beaucoup plus importante que la moyenne. C’est un besoin, pas un caprice ni des parents, ni de l’enfant et tant qu’on ne le vit pas soi-même, c’est difficile à comprendre…

et nous avons continué à voyager quand même, mais différemment

Le premier long trajet que nous avions fait, c’était pour Noël : presque 2000km. Le coffre était plein à craquer : quelques cadeaux, lit bébé, baignoire pliante, transat, chaise haute, des valises de linge à ne plus savoir qu’en faire et que sais-je encore? Je souris en y repensant…

Les fois suivantes, nous avons voyagé en train (surtout pour éviter les crises de nerf de bébé qu’on osait poser !)… Et on s’est aperçu qu’un bébé avait besoin de parents, d’un porte bébé, de couches qu’on pouvait acheter sur place, d’autant de tenues et de bavoirs que de jours là bas, et de 2 pyjamas… Et d’un coup ça nous a ouvert de nouvelles perspectives.

L’été qui a suivi sa naissance, nous sommes partis dans la fameuse station balnéaire de mon enfance… Nous avions besoin de souffler et de repos ! Arrivés sur place, calme plat ! Bébé découvrait une nouvelle maison, un nouveau climat, de nouveaux paysages, faisait de nouvelles expériences… Et nous avons TOUS profité de nos vacances : lui et nous. Nous savions alors que nous pourrions voyager avec nos enfants. Enfin, une fois que nous dormirions des nuits complètes…

Apprendre à voyager

Et puis est arrivée notre princesse

Nous avons fait notre 1er road-trip en famille l’été de son 1er anniversaire. Nous avions l’habitude d’emmener nos enfants partout avec nous en weekend, et nous savions voyager léger… Alors, nous avons pris le temps d’organiser un séjour plausible au Québec : pas de trop longues distances entre les étapes, prévoir des trajets sur les temps de sieste, des activités pour tout le monde tous les jours…

Certes, on a entendu des pourquoi partir aussi loin? Deux jeunes enfants et le décalage horaire vous n’y arriverez pas ! Comment vous allez faire si… et si… Comme on dit si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle ! Alors nous avons pris des billets et nous sommes partis, et à aucun moment nous ne l’avons regretté !

Notre prochain road-trip sera certainement en Slovénie…et le prochain? peut être l’Estonie ou ailleurs, le monde est si grand !

Quelques conseils si vous hésitez à franchir le pas :

Je ne sais pas où vous en êtes dans votre vie : avec des enfants, sans enfant? Il est bien évident que chaque situation est différente

Si vous n’avez pas d’enfants

Vous êtes dans la situation la plus facile. Posez-vous la question : de quoi avez-vous peur ?

De faire un mauvais choix de destination ?

Il n’y a pas de mauvaises destinations. Juste des destinations qui vous correspondent et d’autres qui vous correspondent moins voire pas du tout. Je vous renvoie sur mon article choisir sa destination en 3 étapes. C’est un petit guide pour faire le point entre vos envie et vos besoins réels à ce moment là.

De ne pas être capable d’organiser un séjour ?

Partez d’un circuit de tour opérateur et brodez autour pour commencer… Vous prendrez peut-être tellement de plaisir à broder qu’au final vous rendrez votre circuit unique !

De ne pas être capable de tout réserver? 

Alors là, le secret est de rationaliser. De quoi avez-vous besoin ? de billets allers-retour jusqu’à votre destination (et éventuellement d’un hôtel la veille), d’une voiture et d’un ou plusieurs hébergements sur place. Donc il n’y a pas de secret : on commence par utiliser les comparateurs de prix pour les billets d’avion, et on réserve. Ensuite on regarde s’il faut prévoir ou non un hôtel la veille, et si oui, le choisir tout près de l’aéroport. Puis, on s’occupe de la voiture, idem, on essaye plusieurs comparateurs et on réserve.

De vous faire avoir sur les hébergements ?

Pour les hébergements, reprenez vos étapes de séjour et essayez de trouver des lieux pratiques pour vous. Vous visitez une capitale, choisissez le centre ville avec un parking inclus. Vous voulez rayonner autour d’une grande ville, alors dans ce cas, choisissez plutôt un hébergement en périphérie et pas trop loin des grands axes. Et réservez après avoir lu d’autres avis.

Vous avez peur que ça tourne au fiasco ?

Alors là, je n’ai rien à vous dire, juste quelques petits témoignages à vous raconter. Vous savez de quoi je me souviens du mariage de ma sœur ? du super repas, de la décoration de la salle, de ses choix de musique, de sa robe inoubliable, de sa coiffure ? Un peu oui, mais je me souviens surtout de quand le caisson de basse a fumé, et que nous nous sommes retrouvés à danser autour d’une petite chaîne hi-fi. Qu’est ce que nous avons rit.

Mes meilleurs souvenirs du Danemark ? une tente envahie par d’énormes limaces qu’il a fallu chasser, un réveil très matinal avec 3cm d’eau dans la tente (toujours la même) et une tempête dans un immense ferry.

Mes meilleurs souvenirs d’Italie du Nord? le gps qui renonçait à nous trouver tellement nous traversions de tunnels… Des km et des km de routes que nous avons donc dû faire avant de réussir à trouver notre hôtel sans carte !

Voyager, c’est agréable, c’est beau, c’est grisant… Mais ce sont justement tous ces aléas qui rendent les voyages si uniques et nos anecdotes si drôles.

Si vous avez des enfants

Vous serez tout aussi capables d’organiser un séjour, posez-vous, prenez les choses dans l’ordre et allez-y.

Vous avez peur que vos vacances se transforment en désastre ? Est-ce vous qui avez peur ou est-ce vos proches qui vous ont contaminé avec leurs peurs ? Si vous êtes vraiment inquiets, commencez par partir un weekend, près, puis loin. Apprenez à optimiser les valises, et partez une semaine dans votre pays puis à l’étranger. Et quand vous serez prêts, partez plus longtemps, plus loin, et profitez-en !

Apprendre à voyager

Et à ceux qui voyagent déjà… Comment vous a pris le virus du voyage ?

Pour marque-pages : Permaliens.

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5 réponses à Voyager : d’un rêve à la réalité

  1. Yzy Style dit :

    Waouw, c’est un beau billet!! J’ai beaucoup apprécié ton style épistolaire!! Merci pour ce moment d’évasion!
    Petite confidence moi aussi j’habite Gre (en semaine) et je suis enfant d’expat comme ton compagnon… C’est marrant 🙂 !
    xoxo
    http://yzystyle.com

    • Plume dit :

      Bonjour Yzy Style,
      Merci du compliment. Oui c’est marrant, ça ne court pas les rues. Ça t’a donné le goût du voyage? ou au contraire ça t’en a dégouté?

  2. Emmanuelle dit :

    Je n’ai pas d’enfants mais je crois que ça peut être très gratifiant d’avoir des parents qui les emmènent à l’autre bout du monde. Je vois parfois des blogs de familles voyageuses et je trouve ça vraiment super, c’est tellement enrichissant puis surtout, ça ouvre l’esprit, parents comme enfants. 🙂

    • Plume dit :

      C’est vrai que c’est très gratifiant… Ça apporte un petit quelque chose à toute la famille : ça ressert les liens entre nous, et ça nous oblige à d’avantage d’adaptabilité, de débrouillardise…et d’ouverture d’esprit comme tu dis.

  3. Ton article est très intéressant, bien construit et complet. Je suis d’accord avec pas mal de points de vue