Lecture géologique de paysages près de Saint-Claude

Je suis une randonneuse non expérimentée certes, mais passionnée. J’ai eu la chance pendant mes études d’avoir appris à lire les paysages. Vous ne voyez pas de quoi je veux parler ? Imaginons que vous ayez devant les yeux un livre qui semble palpitant… mais écrit en chinois ! C’est dommage, n’est-ce pas ? Les paysages que l’on croise sont cette histoire extraordinaire. Lire un paysage, c’est ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure et se laisser conter cette histoire.  Alors je vous emmène dans les coins de Saint-Claude pour une première lecture !

Premier arrêt à Saint-Claude même

Nous voici sur le pont de Saint-Claude, capitale de la pipe, face aux monts Chabot et Bayard, afin d’y analyser le paysage, et donc la structure qui en découle.
A notre droite, au Nord, le mont Bayard est constitué par ses affleurements d’un calcaire à patine grise datant du jurassique supérieur.

 

On voit clairement par son affleurement, des pendages à angle droit.

En face de nous, le pendage apparent est horizontal, mais en y regardant de plus près, ou remarque qu’il s’agit toujours du jurassique supérieur et que son pendage a tendance à légèrement s’incliner.

 

On remarque un petit mont situé entre les monts Bayard et Chabot.

A notre gauche, vers le sud, sud-est, on trouve le mont Chabot.

 

Celui-ci est formé de calcaires et de marnes du jurassique supérieur.

Le petit mont situé face à nous pourrait être un mont dérivé, c’est-à-dire un relief situé au coeur d’un anticlinal dû à l’érosion. De plus, on remarque une symétrie frappante entre les plis qu’on trouve sur les deux monts.
On pourrait donc supposer que le pont de Saint Claude se situe face à un anticlinal formant un pli coffré, dont toute la partie supérieure a été érodée.

Une coupe nord, nord-est, sud, sud-est de ce qu’on vient de voir pourrait se schématiser ainsi :

 

En poussant l’étude de ces affleurements, on aurait pu remarquer que sous les deux monts principaux se trouvait un faciès monoclinal de marbre bâtard. Le Valanginien se trouve donc sous le Jurassique supérieur, ce qui laisse supposer un chevauchement, sans doute dû à une faille de faible pente. On parle d’écaillage du Valanginien. La coupe ci-dessus est donc exacte, à ceci près que le chevauchement du côté du mont Chabot s’est accompagné de multiples petites failles qui compliquent son observation, et son interprétation.

Le Talweg de la Laurende

A une quinzaine de kilomètres au sud de Saint Claude

Et maintenant, à votre tour !

A chacun d’ouvrir les yeux pour voir ce qui l’entoure, de regarder par terre pour savoir sur quoi il marche et comprendre ce qu’il voit.
Progressivement le paysage va se mettre à parler et chacun sera surpris de constater qu’il voit et comprend de plus en plus de choses.

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