Le zoo de Granby en famille

Une jolie visite au zoo de Granby

Commençons par le seul point négatif de cette étape : impossible d’acheter les billets en ligne si on n’habite ni le Canada, ni les États Unis… Dommage pour qui aime éviter les queues à l’entrée des sites touristiques !

Nous sommes arrivés au zoo un peu plus d’une heure après l’ouverture, un jour de météo mitigée… Notre temps d’attente au guichet était de 0 minute.

Le zoo de Granby propose un peu le même concept que celui du parc merveilleux à Bettembourg pour ceux qui connaissent : mi-parc animalier, mi-parc d’amusement l’un avec piscines et manèges, l’autre avec jeux d’enfants et marionnettes. Je n’arrive pas à trouver d’équivalent en France, un possible concept à importer si je gagne à l’euro-million ET que j’ai envie d’une reconversion ?

Le zoo

La visite du zoo de Granby commence par une zone appelée le village. C’est le point de départ de chacune des boucles qui nous feront découvrir tour à tour, une des 4 biozones du parc animalier : l’Afrique, l’Amérique du Sud, l’Asie et l’Océanie ; le tout sur une trentaine d’hectares et avec un climat montréalais ! On trouve au village queues de castors, méchoui, crèmes glacées, restaurants…

queue de castor au village, zoo de Granby

Une fois rassasié et abreuvé, plus qu’à choisir par quelle boucle/biozone/écosystème commencer :

  • – l’Afrique avec, aménagés sur le sentier, différents postes de douanes où nous pouvons faire estampiller le passeport qu’on nous a remis à l’entrée du zoo ? Nous pourrions alors voir des gorilles prendre un bain de soleil (si si, il y a eu du soleil avant un orage aussi violent que ponctuel), des hippopotames nager, ou nous pourrions nous promener dans la forêt tropicale et y voir gorilles de plaines, mandrill, python royal,  ou encore découvrir la savane avec ses girafes, ses zèbres et ses gazelles…
  • – l’Océanie, pour apercevoir les kangourous, leurs cousins les wallabies et autres émeus? ou pour contempler les très beaux aquariums où sont conservés méduses, hippocampes, requins, coraux, poissons clown? Un grand bassin est même aménagé au milieu des aquariums pour nous permettre de nourrir et de caresser des raies. Autant dire que l’Arpète a « capoté » comme diraient nos cousins québécois… Il a caressé le bus de Némo !
  • – L’Asie et ses tigres? L’Arpète a pu y nourrir fièrement des loris avec du nectar… Trois d’entre eux se sont même posés sur lui. Un moment inoubliable, même à 3 ans et demi, il nous en parle encore.
  • – l’Amérique du Sud, qui nous permet de nous diriger tranquillement mais surement vers le parc aquatique Amazoo? On y verra un capybara (plus grand rongeur de la terre), des lamas et leurs cousins les alpagas, le condors des Andes, ou dans la famille des reptiles j’ai nommé l’alligator.

Le parc aquatique Amazoo Yoplait

L’accès au parc aquatique est inclus dans le billet du zoo. Celui-ci propose :

  • – deux pataugeoires avec des jeux et modules à escalader
  • – une piscine à vagues pour tous, mais les enfants équipés de veste de flottaison ne doivent pas dépasser une certaine profondeur
  • – la Rivière Aventure, pour se promener sur une rivière à courant dans de grandes bouées rondes. On croise sur le parcours de nombreux jeux  qui ont beaucoup amusés l’Arpète : un endroit où il faut tirer des cordes pour avancer, sauf que ces cordes sont accrochées à des seaux et qu’ils se renversent sur nous ou parfois sur nos voisins, une île perdue, des crocodiles, des araignées !
  • – trois toboggans aquatiques de 15 mètres de haut mais une taille minimum est exigée, nous n’y sommes pas allés
  • – des chaises et parasols pour toute la famille
  • – un prêt de vestes de flottaison (à partir de 9kg) aux normes canadiennes contre remise d’une pièce d’identité

L’Amazoo nous offre une vraie pose dans la visite, ou selon, termine une journée en point d’orgue.

paec amazoo yoplait

Pour notre part, nous avons fait le choix de terminer notre journée par ce parc,  digne du club med des bronzés à cause de (ou grâce à) sa décoration : palmiers, transats, piscines, cabanes, etc ! Une critique? non un constat. J’aime, et nous avons tous aimé. Je trouve souvent les zoos trop grands, à croire qu’ils se livrent entre eux une course à la quantité d’espèces extraordinaires. Au final, les enfants se lassent et ne retiennent plus grand chose, et nous nous bouillons d’entendre pour la 1000ème fois « c’est quand qu’on retourne aux jeux? ».

Le parc des manèges « A nous la planète »

Nous ne l’avons pas essayé : nous sommes arrivés relativement tard au zoo, et un violent orage nous a fait perdre encore une grosse heure de visite… Apparemment, ce parc propose une douzaine d’activités gratuites (carrousel, grande roue, petites motos, petits hélicoptères…) et d’autres payantes (monorails, montagnes russes …). Mais je ne peux pas vous en parler maintenant, je reviendrai sur ce sujet si j’y retourne un jour.

Et pour plus d’interactivité : une hutte à découvertes, une mini-ferme et une caverne

en-bas-du-toboggan-de-la-caverne-zoo-de-granby

La caverne m’a particulièrement plu pour ses aspects pédagogiques : les enfants peuvent y voir stalactites, stalagmites, pisolithes et colonnes pour ce qui est de la géologie, et chauves-souris, poissons sans yeux, cloportes etc pour les curiosités faunistiques. Les enfants explorent la caverne à leur rythme, escaladent des escaliers sculptés dans la roche, redescendent par un toboggan à l’intérieur d’un rocher, explorent des tunnels… C’est presque un monde d’aventure qui s’offre à eux.

La mini-ferme est très agréable, mais reste une mini-ferme. Les enfants sont toujours heureux d’interagir avec les animaux, alors pourquoi changer ce qui fonctionne?

Nous ne sommes pas allés à la hutte à découverte : les enfants étaient trop jeunes, et nous manquions de toute façon de temps.

Pour conclure cette partie, le zoo de Granby a été une agréable surprise pour tout le monde : pour monsieur Plume qui se disait qu’il y avait aussi des zoos en France et que ça ne valait pas le coup de perdre une journée canadienne pour ça, pour les enfants qui se sont amusés toute la journée sans se lasser, et même pour moi. Oui pour moi aussi : en effet, je n’ai pas pour habitude d’intellectualiser mes voyages, mes visites… Je suis trop peu de temps en vacances pour faire autre chose qu’en profiter. Mais autant je trouve merveilleux de voir un porc-épic longer un fossé, un renard traverser un sentier de randonnée juste devant nous ou des cerfs majestueux paître dans un champ longeant notre route, autant j’ai un problème avec l’exploitation des animaux en général et donc entre autres les zoos…

Quel message je fais passer à mes enfants en les emmenant dans un zoo ?

J’ai déjà emmené plusieurs fois mes enfants au zoo : au zoo d’Amnéville, au zoo de Beauval, au zoo de Granby et la réserve africaine de Sigean pour les plus connus. Je les y ai emmené pour qu’ils voient un tigre, un lion, une girafe, un éléphant… Pour qu’ils puissent apprécier leur taille, savoir qu’une girafe est plus grande qu’un éléphant et qu’un zèbre vit en troupeau avec ses copains zèbre, et nous avons assisté au repas des animaux, j’ai pu montrer à mon fils qu’il y avait des carnivores, des herbivores, et que nous étions omnivores…

Est-ce que j’aurai pu lui faire comprendre ces notions si facilement si nous n’étions pas allés au zoo ? Je ne pense pas…Certaines choses demandent des efforts considérables aux enfants, vous n’êtes pas de cet avis?

 

crocodile

crocodile
lion lion

A chaque fois il est ressorti du zoo heureux d’avoir vu un tigre en vrai… Mais dans mes yeux d’adulte, voir un animal en vrai, c’est le voir dans son milieu naturel selon ses rythmes et ses comportements… Dans un zoo, les animaux n’ont pas à défendre leur territoire ni à chercher leur nourriture. Leur vie sociale est totalement faussée, quid des migrations? Et je ne parle même pas de leur exposition permanente au public (enfin si j’en parle) à cause de laquelle ils manquent d’intimité pour la reproduction !

Comment expliquer à mon fils qu’un ours blanc qui vit sur la banquise est exposé par 30°C voire plus sur une plage en béton, entourant une piscine en verre et mange de la viande préparée ? Que va comprendre mon fils en voyant une otarie jouer au ballon avec un dresseur ?

Je ne nie pas le rôle des zoos dans la préservation des espèces… mis à part le fait que la plupart des espèces présente dans les zoos ne soient pas menacées, bien sûr ! Il y a eu de belles réussites : l’oryx d’Arabie et le cheval de Przewalski, éteints à l’état sauvage ou le putois à pieds noirs, le condor de Californie, le bison d’Europe qui ont frôlé l’extinction totale avant d’être réintroduits dans leurs milieux naturels, avec succès…

Cela dit, je me pose la question : pour survivre, les animaux ont-ils réellement besoin de zoos ou ont-ils besoin de liberté, des leurs pour les élever et d’un milieu pour les accueillir ? L’Homme détruit lui-même les milieux naturels des animaux : l’occidental par son engouement pour l’huile de palme et les terrasses en teck, le local pour son goût pour la viande de brousse, ou pour la pharmacopée chinoise, le touriste pour ses souvenirs exotiques qui encouragent le braconnage (ivoire, trophées diverses et variés…), etc… Certains animaux deviennent donc menacés à cause de l’Homme et sont enfermés dans des enclos par les Hommes pour leur protection… Quel est le sens de tout ça ?

De plus, comment espérer in fine généraliser la réintroduction d’un animal sauvage dans son ancien milieu naturel ? Dès lors qu’un animal est éteint à l’état sauvage, l’écosystème dans lequel il vivait change, et s’adapte à un nouvel équilibre…la plupart du temps il change de manière trop considérable pour espérer une réintroduction réelle et significative. Quel autre avenir donc pour les derniers survivants que la consanguinité (voir l’exemple du girafon euthanasié en public à Copenhague en 2014) et une cage ? Pour poursuivre ce raisonnement, quel est l’intérêt de tenter de faire se reproduire un tigre albinos qui n’a d’autre avenir que vivre en captivité sans espoir de réintroduction, puisqu’à cause de cette anomalie génétique, ses chances de survie en milieu naturel sont nulles… Si ces animaux sont condamnés à ne jamais quitter leur enclos, leur survie ne sert alors qu’à amuser les humains ; cela revient à nous servir la captivité et la déportation d’animaux comme un spectacle dominical à partager en famille !

Les plus grands zoos, qui sont souvent aussi les plus célèbres, se distinguent parfois : certains animaux évoluent en semi-liberté dans des espaces ressemblant artificiellement à leur espace naturel. Je citerai comme exemple au zoo de Granby puisque c’est le sujet de cet article : l’enclos des tigres, particulièrement grand, et qui pourrait ressembler très facilement à une réserve naturelle. Sauf qu’agrandir la cellule de prisonniers ne leur rend pas leur liberté… Et pour les autres espèces et pour les autres zoos, quand on sait qu’un simple hérisson a besoin de 5 hectares, et qu’un botia a besoin d’un aquarium de 200L minimum pour les plus petits et qu’ils sont mieux à 4 ou 5 que seuls, on se rend vite compte que les enclos des girafes et des éléphants ne paraissent grands qu’au visiteurs !

Quant à la vocation pédagogique des zoos, parlons-en ! Leur objectif serait de permettre aux visiteurs de mieux connaître les espèces qui peuplent notre planète. Force est de constater que nous vivons dans un monde où les enfants (et beaucoup d’adultes) sont incapables, pour la plupart, de reconnaître les espèces qui les entourent qu’elles soient volantes, rampantes, à pattes, et je ne parle même pas des espèces végétales et minérales… Combien de parents rient des singes, ou se réjouissent de nourrir des animaux à la mini ferme versus combien de parents expliquent les enjeux d’un zoo, des conséquences d’une disparition d’espèce sur un écosystème ?

Mon zoo idéal? Un parc qui serait aménagé de telle sorte qu’il ne soit pas possible au public d’ignorer la sensibilisation à la cause animale. Un parc dont les animaux présentés ne seraient alors que des animaux recueillis voués à une mort certaine dans leur milieu naturel (des animaux blessés, des animaux domestiqués ou récupérés de cirques, etc), et tant pis si le public ne pourrait pas voir de pandas géants ou de loups. Un parc dont une partie des bénéfices servirait à améliorer les conditions de vie des animaux en captivité et le reste serait reversé à des associations qui travailleraient à sauvegarder toute la chaîne de la biodiversité, du mammifère prédateur à l’insecte et à la plante fourragère. Vous en connaissez?

Pour marque-pages : Permaliens.

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