66ème fêtes de la Mirabelle – Metz 2016

L’été arrive déjà à sa fin, tout du moins au nord de la Loire. Cette année encore, je me suis goinfrée régalée de ratatouilles, patates nouvelles, concombres, radis, fraises, framboises, mures, pêches, raisins… et depuis quelques jours de mirabelles qui sont à l’honneur ces temps-ci en Lorraine.

Non, je ne vous parlerai pas aujourd’hui de comment les orgies de fruits sucrés m’ont ruiné les 2 mois d’efforts nécessaires pour entrer dans mon maillot de bain de l’an dernier sans comprimer mes bourrelets et me transformer en bonhomme Michelin… Aujourd’hui, c’est bien de la fête de la Mirabelle dont il est question.

Pourquoi la fête de la mirabelle, et pas la fête du pâté lorrain ou la fête de la quiche ?

Au début du XXe siècle, le phyloxera avait décimé les vignobles du pays messin (enfin, on pourrait élargir aux vignobles français). Ceux-ci ont été remplacés par des productions fruitières : fraises de Woippy, framboises, mûres…et mirabelles auxquelles le sol lorrain donne une saveur inimitable. Ne restait à faire connaître le produit!

C’est donc à Metz, le 17 août 1947, qu’eut lieu la première édition de cette manifestation, connue alors sous le nom de « Fête de la Mirabelle et des Fleurs ». Son but était d’accroître la renommée de la mirabelle afin d’aider les producteurs fruitiers. Parmi les moments clés de cette fête, on y retrouvait déjà le défilé de chars fleuris dans les rues de la ville et l’élection de miss Mirabelle et de ses dauphines.

La 1ere manifestation connut une affluence extraordinaire et après un succès renouvelé dans les éditions suivantes, les Fêtes de la Mirabelle devinrent annuelles en 1953. Elles sont, depuis, une institution en Lorraine.

La 66ème édition de la fête de la Mirabelle :

Et oui déjà!

Comme tous les ans durant les deux dernières semaines d’aout, Metz se pare de ses plus beaux atouts pour recevoir les quelques 80 000 spectateurs qui assisteront aux festivités.

Le schéma est toujours le même : animations diverses (telles que ateliers culinaires, spectacles humoristiques, son et lumière, culture du monde, marché du terroir etc) qui auront lieu tous les jours aux mêmes endroits et aux mêmes heures. A celles-ci s’ajoutent quotidiennement des animations ponctuelles, telles que l’ouverture de la fête et le bal de la mirabelle le 1er samedi, le couronnement de la reine de la Mirabelle le lendemain, le théâtre de rue d’autres jours…jusqu’au week-end de clôture qui était l’objet initial de mon billet.

La journée des enfants

Le samedi précédant la clôture, la place saint Louis est réservé aux enfants. Chaque année le thème change. Cette année c’est « à l’eau les petits pieds ». Thème qu’on ne peut mieux accueillir étant donné la chaleur caniculaire qui s’est abattue en Lorraine depuis le 15 aout…

Donc oui, la plage s’est installée à Metz dans la nuit, et dès le matin, les premières familles ont pu se promener sur une place très décorée, prolongeant ainsi leurs vacances toujours trop courtes.

Sauf que pour cette fois, plage ne signifie pas mer, ou alors la commande a connu de petits problèmes techniques : sable OK, coquillages OK, crustacés et poissons OK, filets de pêche OK, bancs OK, mais quid des parasols, des brumisateurs ou autres pataugeoires?

C’est donc par 44°C de température ressentie que nous sommes allés à cette fête des enfants, gourdeS remplies dans le sac, enfants protégés par des vêtements anti-UV et enduis de crème solaire sur tout ce qui avait le malheur de dépasser.

Arrivés à l’angle de la rue, nous nous demandions si nous ne nous étions pas trompés d’endroit! Tout était silencieux, bien loin des journées habituelles, même hors journées festives. La place était presque déserte, trois familles regardaient mollement le spectacle du marin magicien – à cause de la chaleur, pas du magicien qui était bluffant… Strictement personne aux ateliers, leurs organisateurs se regardaient dans le blanc des yeux, silencieusement de peur que parler ne leur ôte leurs dernières forces. Quelques GO passaient lascivement de stand en stand arroser les gens avec des vaporisateurs achetés le matin-même, dixit la gentille dame blonde qui a vidé le sien sur moi.

Malgré la chaleur, nous avons profité de tout : des spectacles (magie avec Cap’taine Figaro, chants salés de la compagnie Philodart et théâtre d’objets de la compagnie Les Petits Délices) délocalisés à l’ombre, des ateliers dans lesquels l’Arpète a pu dessiner une carte au trésor et fabriquer des animaux marins avec des objets de récupération, du coin lecture, du coin jeux, des déambulations océaniques de la compagnie Acidu, des instruments de musiques en matériaux de récupération…

Quelques personnes nous ont rejoint pour le dernier spectacle, et d’autres encore se sont ajoutées pour assister au bal des petits pieds, lancé par miss Mirabelle et ses dauphines. Pour la 2ème année consécutive, peut être plus, je ne me souviens pas, le bal des petits pieds était animé par le groupe Epikoi Enkor, un groupe qui chante aux enfants des chansons qui les concernent, pleines d’humour, tendres et malicieuses. Et alors opère la magie, les parents entrent dans la danse et c’est partie pour une heure bien trop courte de danse, rires et chansons.

A la nuit tombée un immense feu d’artifice retentit. Ma princesse est déjà dans les bras de Morphée, mais je réveille mon Arpète, je le lui avais promis…

Le dimanche de clôture des festivités : le grand corso fleuri

C’est typiquement le truc qui ne paye pas de mine : un défilé de 9 chars fleuris dans les rues de Metz, et pourtant, année après année je m’émerveille devant le cortège. Cette année n’a pas échappé à la règle.

Le thème choisi était « les rivages du monde ». Les 9 chars présentés ont été réalisés par : Les Gwendolines, le Groupe Folklorique Lorrain de Metz, la Commune Libre de Magny, le Groupe Jeune des donneurs de Sang Union Départementale de la Moselle, La Renaissance, les Joyeux Carnavaliers de Metz Austrasie, la Fédération Familles de France 57, le Secours Catholique, la Famille Lorraine de Metz-Borny et ont été accompagnés des 12 ensembles : Fanfare Militaire, Fanfare du Soleil, Pipototal, Caribop, Les Pirates, Artemia, Les enjoliveurs, Bagad Kiz Avel, Batucada les Z’enflammés, Nan Bara, Pipototal, Duna Orkestar, Cie Tibodypaint.

Pour cette année un peu particulière, endeuillée par les nombreux attentats ayant eu lieu dans le monde, et en France, le parcours du corso a été cantonné aux rues piétonnes du centre ville, et le corso devait y défiler deux fois. Si au 1er tour, les rues étaient noires de monde, une courte pluie mais intense a eu raison des spectateurs au 2ème tour… C’est donc aux 1ères loges que nous avons pu assister au défilé, mouillé mais joyeux.

La fanfare ouvrait la marche sur l’air d’en passant par la Lorraine. La suivaient dans l’ordre : un gros poisson échoué sur une jolie plage, une fanfare, des véhicules fantastiques, un perroquet géant, un un navire de pirates, un bateau de pêcheurs de canards, des bigoudens sur de longues échasses, une fraise (surement de Plougastel) qui marchait, des coquillages et un homard, une fanfare bretonne, un aviateur fou, des druides celtes, le roi Triton en personne et son non moins célèbre trident, dans un char tiré par deux dauphins, des créatures marines, une batucada, un poisson tout rond, un nautilus, d’autres véhicules extraordinaires, d’autres créatures juchées sur des échasses, une fanfare de marins. Pour finir, fermaient la marche : miss mirabelle et ses 2 dauphines dans les bras d’un ours polaire

Un petit aperçu en image de ces 30 minutes de défilé :

fete de la mirabelle 2016 corso

 

Si vous souhaitez y assister l’an prochain, si possible essayez d’arriver une demi-heure environ avant le début du défilé.

Les meilleures places sont juste avant les virages serrés du centre ville : les tracteurs ayant du mal à manœuvrer, le défilé a tendance à bouchonner, et on peut profiter pleinement de la musique, des danses et du spectacle.

On peut même en profiter pour discuter avec les membres des associations…

Par exemple, vous voyez le char avec le bateau de pêche (le n°8 du diaporama précédent)? Il a commencé à être construit 2.5 mois auparavant, les weekends essentiellement. La veille du corso, il aura fallu 30 personnes et 10h de travail pour piquer les dahlias un à un sur la structure en polystyrène…

Chapeau bas messieurs et mesdames et merci pour le spectacle !

Et puisque les fêtes de la mirabelle servent à promouvoir ce fruit, voici quelques petites choses à savoir :

  • – On ne cueille jamais de mirabelles : si la mirabelle est dans l’arbre, elle n’est pas mure et si elle est par terre elle est trop mure. On hoche les mirabelles, c’est à dire qu’on place une toile sous le mirabellier et qu’on secoue les branches. Ne seront récoltés que les fruits qui tombent sur la toile.
  • – si vous n’habitez pas la lorraine, on vous soutiendra mordicus que non ce n’est pas un mirabellier que vous avez dans votre jardin, mais un mirabellier muté. Les vrais mirabelliers ne peuvent pousser qu’avec la rusticité du climat et le sol argileux qu’offre le terroir lorrain… un bon sujet si vous souhaitez engager une longue conversation avec un local!
  • – les mirabelles se congèlent très bien, entières ou coupées en deux. Je préfère coupées en deux et dénoyautées… C’est comme ça que je les utilise dans mes clafoutis. Par contre une fois décongelées, elles s’oxydent très rapidement, donc je conseille de les utiliser congelées, et si vous faites un clafoutis/une tarte de mettre la partie où il y avait le noyau côté fond du plat, de façon à ce qu’on ne voit que la peau.
  • – les mirabelles s’achètent si possible couverte de pruine. La pruine est une cire naturelle produite par la mirabelle, qui sert à la protéger. Cela ressemble à de la buée, un peu blanchâtre.
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